Histoire

Constitué à l’origine d’un donjon de défense situé sur un coude du cher, proche d’un ancien emplacement gallo-romain, ce château fut complété au moyen-âge par de solides fortifications défendues par des douves. Plus tard, le village de Celles-en-Berry y adossa ses propres fortifications.

À la Renaissance, il fut de nouveau complété par des agencements plus somptueux, grâce à un nouveau propriétaire issu d’une des plus grandes familles françaises : Philippe de Béthune, ambassadeur d’Henri IV, et frère du principal ministre de ce monarque, Maximilien de Béthune, plus connu sous le nom de Sully.

Plusieurs reines et personnages célèbres comme Jeanne d’Arc figurent dans son histoire.

Cinq nouveaux tableaux

Le château rénove ses collections avec cinq nouveaux tableaux à découvrir dans le parcours de visite.

Nous vous proposons de découvrir les deux premiers : à tout seigneur tout honneur, voici les deux frères : Philippe et Maximilien de Béthune.

Deux frères

Philippe de Béthune

Comte de Selles-sur-Cher (1565-1649), huile sur bois par un artiste inconnu. Il achète le château de Selles-sur-Cher en 1604 et construit les parties Renaissance sur les fondations médiévales. Pour Henri IV, il fut conciliateur et grand diplomate, puis ambassadeur auprès du Saint-Siège à Rome. Il fut également gouverneur de Gaston (1608-1660), troisième fils d’Henri IV. Gaston sera le père d’Anne-Marie-Louise d’Orléans, la Grande Mademoiselle.

Philippe de Béthune

Sully

Maximilien de Béthune, marquis de Rosny, duc de Sully (1559-1641), plus connu sous le nom de Sully. Compagnon d’armes du roi Henri IV, il devint son principal conseiller. Représenté en 1600 par Norblin de la Gourdaine Sébastien-Louis-Guillaume, collections du château de Sully-sur-Loire.

Sully

Deux monarques.

La suite de l’histoire

Après les deux principaux soutiens du roi Henri IV, voici quelques autres pages de l’histoire de notre château. Après la disparition subite d’Henri IV, Philippe de Béthune qui ne s’entendait guère avec la Régence de Marie de Médicis, s’est retrouvé en une sorte de retraite. Mais lors de la prise réelle du pouvoir par Louis XIII, quelques ambassades lui furent confiées par le nouveau monarque.

Louis XIII

Louis XIII (27/09/1601-14/05/1643), fils ainé d’Henri IV, peint par Philippe de Champaigne (1602-1674). Vous découvrirez ce tableau dans la grande cuisine du rez-de-chaussée, tandis que les deux suivants le sont à l’étage.

Louis XIII

Louis XIV

Louis XIV en costume de sacre (05/09/1638-01/09/1715), fils de Louis XIII et donc petit fils d’Henri IV, peint par Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Louis XIV a visité le château de Selles-sur-Cher en 1658 « au cours de sa maladie », selon Louis Raynal. C’était donc du temps d’Hippolyte de Béthune, fils de Philippe de Béthune, soit entre 1647 (date de la variole de Louis XIV), et 1665 (décès d’Hippolyte), vraisemblablement avant qu’Hippolyte fasse don au roi des collections de Philippe. Hippolyte était aussi ambassadeur comme son père.

Louis XIV

Une duchesse

La Grande Mademoiselle

Anne-Marie-Louise d’Orléans, dite la Grande Mademoiselle (29/05/1627-05/04/1693), duchesse de Montpensier, peinte par Louis Ferdinand Elle l’Aîné (1612-1689).

La Grande Mademoiselle

L’histoire la désigne sous le surnom de « Grande Mademoiselle », en raison du titre de « Grand Monsieur » porté par son père, Gaston de France (1608-1660), depuis la naissance de Philippe, frère cadet de Louis XIV, appelé alors « Petit Monsieur ». Gaston avait d’abord porté celui de « Monsieur » en tant que frère cadet du roi Louis XIII. Elle est cousine de Louis XIV.

La Grande Mademoiselle séjourna à deux reprises au château de Selles-sur-Cher, en 1637 et 1653. La Grande Mademoiselle est contemporaine de François-Gaston petit-fils de Philippe de Béthune. François-Gaston a épousé Louise-Marie de la Grange d’Arquien. Sa sœur, Marie-Casimire qui fut reine consort de Pologne, a séjourné au château de Selles-sur-Cher en 1696.

François-Gaston était également ambassadeur du roi. C’est après le décès à Stockholm en 1692 de François-Gaston, que son épouse a vendu le château de Selles-sur-Cher à la famille Le Bret.

Modernité dans l’histoire

Ces cinq tableaux sont des reproductions réalisées par un nouveau procédé. Il s’agit d’impressions numériques sur toile, à partir des photographies numériques des œuvres originales. Le rendu est impressionnant, à venir constater sur place lors d’une prochaine visite. Cette réalisation permet au château d’allier la modernité avec quelques pages de son illustre histoire.

Cloches de Pâques

Voyage de cloches

Certains disent que les cloches reviennent de voyage à Pâques, voici l’histoire des cloches de Pâques du château de Selles-sur-Cher :

Il était une fois un mouvement d’horloge et ses trois cloches qui avaient quitté leur château de Selles-sur-Cher pour entreprendre un voyage. Depuis plus de 280 ans passés au porche d’entrée de la cour d’honneur, ces amis avaient comme une envie de se dégourdir les rouages, surtout que le silence régnait depuis plusieurs dizaines d’années. Un jour, un campanologue qui passait par là les invitèrent tous dans son atelier.

C’était un amoureux des clochers et des horloges, mais la notre n’avait pas de cadran. Les heures étaient cependant sonnées, avec ce mouvement particulier, par trois timbres qui indiquaient la marche du temps. Après leur presque trois siècles d’histoire, tous étaient rouillés, mais notre artisan s’aperçut que le mouvement était complet, et qu’un bon nettoyage permettrait à nouveau d’indiquer les heures.

La grosse cloche avant son départ

La grosse cloche avant son départ

Le retour

C’est ainsi qu’il y a quelque temps, les trois cloches sont revenues au château, pour reprendre leur place dans le campanile rénové.

La plus grosse de ces cloches est particulière, elle est en airain, et elle porte sur elle son acte de naissance.  Elle sonne le LA, très probablement toutes les heures. Elle ne comporte pas de langue car elle est sonnée par un marteau. Son diamètre est de 55 cm, sa hauteur de 40 cm. Quand à son acte de naissance, elle est recouverte d’une inscription en latin sur 4 lignes :

VIR IVRIS PERTIA MAGNVS PROBITATE MAIOR RELLIGIONE MAXIMVS

SELLENSIS MVNIFCENTISSIMVS AQVENSIS SENATUS PRAESES SVPREMVS EIVSDEM QUE PROVINCIAE

PRAEFECTVS ET PROREX OPTIME MERITVS REGI A SECRETIORIBVS CONSILI IS IPSIQVE AC PROCERIBVS

IVRE MERITO ACCEPTISSIMUS PAVPERUM PARENS POPVLI  DELICIAE FIERIME VOLVIT ANNOSALV

IS 1734

La cloche nettoyée

La cloche nettoyée

La cloche nettoyée, l'autre face

La cloche nettoyée, l’autre face

Notre campanologue a bien-entendu recherché la signification de ces lignes. En voici deux interprétations :

Première version : Mme GILLETTE de l’école des Chartres, « Cette inscription sur la cloche fait le plus grand éloge du fils de Pierre Cardin le Bret. On ne donne pas son prénom, c’est curieux. Il a été premier président au parlement de Provence en 1704, a exercé des pouvoirs militaires importants, a fait preuve de beaucoup de générosité et fut très aimé. Il est mort en 1734, occasion de la confection de cette cloche. En 1727 il est comte de Selles (sur Cher) ».

Seconde version : Père VERNET du collège des Bernardins,

première ligne, « Un homme, grand par sa connaissance (lire : PERITIA ?) du droit, plus grand par sa probité, le plus grand par sa religion »

deuxième et troisième ligne, « Sellois d’une extrême générosité, président du sénat (parlement) d’Aix (? aquensis), et préfet

de cette même province (ou Provence) »

troisième et quatrième ligne « lieutenant du roi (sens exact de PROREX ?) ayant rendu les plus grands services à celui-ci par ses conseils secrets (= comme conseiller particulier) et très apprécié à juste titre du roi lui-même et des grands »

quatrième ligne, « père des pauvres et délices du peuple a voulu qu’on me fasse [c’est la cloche qui parle !] en l’an de grâce (lire : SALUTIS) 1734″.

Deux observations sur ces propositions :

  1. Concernant la première, à cette époque les noms étaient souvent composés, et de plusieurs façons. Par exemple, Pierre Cardin Le Bret est composé avec un véritable prénom au sens chrétien du terme : « Pierre », suivit par un nom de famille, on pourrait dire « de maison » : « Cardin », suivit de « Le Bret ». Il s’agit d’un noble personnage de cette maison, à tel point qu’on lui attribue une lignée. C’est ainsi que son fils qui poursuit avec les mêmes charges se voit attribuer le nom « Cardin II », ce qui signifie « Cardin deuxième du nom ». Dans un tel cas, le véritable prénom peut être absent, car « Cardin II » suffisait à l’époque pour connaître assez précisément de qui il s’agissait. Cardin II était le dernier des trois enfants de Pierre Cardin I et de Marie Françoise Veydeau de Grandmont. Il ne faut pas le confondre avec son frère, « Pierre Cardin Le Bret II » (deuxième du nom), né en janvier 1670, et qui est mort en bas âge à 27 mois. C’est peut-être pour cette raison que Cardin II le Bret ne comporte pas de prénom. Leur père était donc « Pierre Cardin Le Bret », sous-entendu premier du nom, que l’on pourrait écrire « Pierre Cardin Le Bret I ». À cette époque, il était courant que le premier fils né porte le même prénom que son père.
  2. Concernant la seconde, il s’agit de ce que nous appellerions des fautes d’orthographe, dont les copistes et artisans divers n’étaient pas exempts, surtout en latin.

La traduction

En bon français actuel, voici la traduction définitive :

Un homme, grand par sa connaissance du droit, plus grand par sa probité, le plus grand par sa religion, Sellois d’une extrême générosité, président du sénat d’Aix, et préfet de cette même province, Lieutenant du roi ayant rendu les plus grands services à celui-ci par ses conseils particuliers, et très apprécié à juste titre du roi lui-même et des grands, Père des pauvres et délices du peuple, a voulu qu’on me fasse [c’est la cloche qui parle !] en l’an de grâce 1734.

Cette cloche a donc été coulée en mémoire du seigneur des lieux, lors de son décès en 1734. Il s’agit de Cardin II Le Bret, fils de Pierre Cardin Le Bret, né le à Flacourt (78), et mort le à Aix-en-Provence, seigneur de Flacourt, comte de Selles, et parlementaire d’Aix-en-Provence.

Le château de Selles avait été acquis par la famille Le Bret en 1727, vendu par la petite belle fille de Philippe de Béthune, épouse de François-Gaston de Béthune-Chabris dit «marquis de Béthune» qui était donc le petit fils de Philippe. François Gaston est mort en 1692 lors de l’une de ses ambassades en Suède, sa veuve est donc revenue vivre au château de Selles, puis elle l’a vendu à la famille Le Bret.

Les Le Bret étaient très aimés par les Sellois, tout comme par le roi et la cour, et c’est probablement en son bon souvenir que cette cloche fut coulée.

Merci à M. L. Ollivon, campanologue.

Pour aller plus loin : généalogie de la maison Le Bret sur Gallica.

 

 

 

Petite histoire du cher

Canal du Berry à Châtillon-sur-Cher vue vers Selles - image GilGa

Petite histoire du cher. En cette période de hautes eaux, on observe traditionnellement la crue du cher à Selles-sur-cher, dont les eaux provenant de l’amont viennent lécher les terrasses du château. C’est oublier qu’existent d’autres affluents significatifs qui apportent leurs eaux depuis le Berry.

C’est le cas de la Sauldre qui vient se jeter dans le cher juste en aval du château. La Sauldre est connue pour fréquemment inonder Romorantin-Lanthenay, apportant d’autres eaux provenant de l’Arnon au confluent avec l’Yèvre, toutes deux arrosant Bourges, capitale de l’ancienne province du Berry.

Malgré les crues de ces rivières berrichonnes, depuis le Moyen-âge une importante batellerie permettait des échanges commerciaux à travers la contrée. On remontait du sel depuis Nantes par la Loire et le cher, tandis que d’autres denrées étaient échangées dans l’autre sens, depuis le Massif central.

Le 10 août 1727, un arrêt du conseil d’état du roi Louis XV donne suite aux revendications du Sieur Cardin le Bret, en sa qualité de Comte de Selles en Berry, sur les droits de péage qui se perçoivent sur la rivière de Cher. Dans cet arrêt, on apprend l’ancienneté de ces droits, successivement accordés aux seigneurs de Selles, les plus anciens remontant à juillet 1445 aux bénéfices de Louis de la Trémoïlle, celui qui participa à l’aventure de Jeanne d’Arc.

Louis Raynal, dans son Histoire du Berry, rapporte que l’Auron commença à porter des bateaux en 1553. Pour les marchands de Bourges, ce fut une grande nouvelle, attendue depuis bien longtemps. Sous Charles VIII, déjà, Bourges s’occupait de rendre l’Auron navigable jusqu’au cher, au moyen d’écluses, de portes et de retenues d’eau. Les rois qui s’étaient succédé depuis Charles VIII, Louis XII et François 1er avaient tous accordé des concessions considérables. Ce dernier avait plus largement développé les travaux, en octroyant 7.142 livres en sept ans.

Le château de Selles-sur-Cher comporte un accès direct au cher par bateaux à l’intérieur du domaine. La rampe est toujours visible, une porte ferme l’accès à la rivière sous une poterne. On ignore la datation de cet ouvrage, mais les murs en pierre qui soutiennent la rampe sont de même facture que les douves à l’ouest du château médiéval. Cette rampe figure sur le plan du parc du XVIIIe. Siècle retrouvé récemment, et des petites constructions situées au niveau de la poterne laissent penser qu’il pourrait s’agir d’anciens bâtiments de défense.

Après François 1er, les marchands se crurent en pleine possession du succès. En décembre 1555, sous Henri II, la duchesse Marguerite (du Berry) s’était même désistée de ses droits de péage, et avait ordonné à son procureur de Vierzon de renoncer aux poursuites qu’il avait dirigées contre les marchands fréquentant la rivière.

Hélas, cette navigation éprouva de continuels obstacles, des constructions mal réalisées se dégradèrent rapidement sous les effets des inondations fréquentes. Il fallut alors abandonner la navigation sur l’Auron pour adopter des travaux plus coûteux.

C’est sous Henri IV, sur une proposition de Sully, frère de Philippe de Béthune, qu’un projet de canal fut déposé. Cependant il ne fut adopté, sur la demande de l’Assemblée provinciale, qu’à la fin de l’ancienne monarchie. Les travaux ne furent entrepris que sous l’empire. Trois siècles et demi d’efforts ininterrompus, d’essais infructueux, d’études et de plaintes se sont finalement écoulés, pour que Bourges et sa province fussent dotés d’une navigation régulière et sûre. Le décret impérial du 16novembre 1807 décide que « le cher sera rendu navigable en suivant son cours actuel au moyen de plusieurs dérivations, depuis Montluçon jusqu’à son embouchure sur la Loire.

Ce canal joua un rôle important dans le développement économique des villes desservies. Par exemple, concernant Selles-sur-Cher, les cahiers des amis du vieux Selles relatent que le port situé sur la route de Blois acceptait un trafic de 24.626 tonnes de marchandises en 1861. Cet ancien port est toujours visible aujourd’hui, il est situé sur la droite de la route à la sortie de Selles, le long de la rue des épinettes, le basin accueillant parfois des pêcheurs. Plus près de nous, l’usine céramique s’est implantée à sa proximité en 1920, profitant du transport des marnes par les bateaux du canal.

Ce canal du Berry fut déclassé et finalement aliéné en 1955 (sous le ministre de l’Intérieur François Mitterrand), et vendu pour 1 franc symbolique par kilomètre, aux communes traversées qui en firent ce que bon leur a semblé.

Sur le plan touristique, divers projets existent permettant la découverte de nos régions, en navigation de plaisance, en vélo ou à pieds. Citons notamment le projet de la région Centre, portant sur un itinéraire du cher à vélo, reliant Tours au canal de Berry. Certains projets ont déjà vu le jour à l’ouest de la vallée. Quelques liens :

http://www.ma-voie-verte.fr/piste-cyclable/voie-verte-de-la-vallee-du-cher

http://www.marandoavelo.fr/les-offres/activites/activites-de-loisirs/le-cher-en-velo-de-montrichard-jusqu-a-chenonceau-montrichard-val-de-cher

http://www.velocanauxdodo.fr/?page_id=5108

Louis Chaudru de RAYNAL. Avocat, substitut du procureur général à Bourges (1833). Premier avocat général à la cour Royale en 1841. Procureur général à la cour de cassation en 1877. Lorsqu’il est destitué en 1877, il se retire à Saint Éloi de Gy dans sa propriété du Vernay où il termine sa vie à l’âge de 87 ans. En 1834 il entre au Conseil municipal de Bourges pour 5 ans (puis au Conseil général de 1867 à 1871). Sa passion fut l’écriture avec une « Histoire du Berry depuis les temps les plus anciens jusqu’en 1789 » en 12 volumes qu’il rédige de 1835 à 1844. Ce fut une œuvre monumentale.

Le cher à Châtillon-sur-Cher vue amont vers Selles

Le cher à Châtillon-sur-Cher vue amont vers Selles – image GilGa

Le cher à Châtillon-sur-Cher près de Selles vue vers l'aval

Le cher à Châtillon-sur-Cher près de Selles vue vers l’aval – image GilGa

Palais Jacques Cœur Bourges

Palais Jacques Cœur Bourges – image site ville de Bourges

https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_Jacques-C%C5%93ur

Image provenant du site http://arc-sites.blogspot.fr/2013/05/amenagement-des-abords-du-palais.html

 

Thibault le Tricheur

Le saviez-vous ?

16 janvier 975, décès de Thibault 1er de Blois, dit Thibault le Tricheur.
Thibault, né vers 910 sera le premier comte héréditaire de Blois, de Tours, vicomte de Châteaudun et seigneur de Vierzon, de Sancerres, de Chinon, de Saumur, de Beaugency et de Provins. Ce Thibault sera aussi connu sous le nom de Thibault le tricheur. Il mourut un 16 janvier entre 975 et 977.

Le comté de Thibault le Tricheur

Le comté de Blois sous Thibault 1er

Le château de Thibault le Tricheur à Selles

Thibault, est à l’origine du premier château médiéval de Selles-sur-Cher qui sera détruit par Philippe Auguste vers 1194.
Le bulletin de la société académique du centre, dans son édition de 1895-1905, indique que la châtellenie de Selles était au XIe siècle un fief de la ville d’Issoudun, dans la principauté de Déols. Les Normands firent plusieurs irruptions à Selles, dont l’une en 903 au cours de laquelle ils renversèrent la ville. Ils y revinrent plusieurs fois, jusqu’à ce qu’en 934 Ebbes de Déols se décide à les poursuivre. À la mort d’Ebbes de Déols en 935, Thibault de Blois, dans ses conquêtes, devint seigneur de Selles. Il en confia la défense à Humbault le Tortu, tandis que Geoffroy de Donzy était chargé de Saint-Aignan. Ce serait à cette époque que furent construites les fortifications de Selles, contre les Normands et surtout contre les seigneurs de Berry.
Saint-Aignan et Selles étaient probablement deux forteresses de défense de l’extrémité sud des terres conquises par Thibault intégrées à son comté de Blois, tandis qu’une enclave du comté d’Anjou subsistait à Montrichard. Concernant plus particulièrement Selles, il s’agirait de la première forteresse construite « en dur », située sur une motte médiévale existante. La présence d’ouvrages militarisés est signalée sous l’Empire Romain, le site gallo-romain étant alors nommé patriciacum. Dans son ouvrage du XIXe siècle sur l’histoire de Selles en Berry, Maurice Romieu situe le camp militaire romain de l’autre côté du cher en face de l’éperon, sur la commune actuelle de Billy. Notons qu’une voie romaine passait non loin de là au nord-ouest, reliant Bourges à Tours, suivant la rive droite du Cher. Selles est également située sur une voie menant de Blois à Déols (faubourg de Châteauroux).

La suite de l’histoire

Humbault le Tortu fut mêlé à la longue lutte entre les comtes d’Anjou et ceux de Blois. Ces comtes étaient en conflit depuis plus de 50 ans sur le contrôle de la Touraine. Alors que Foulques III Nerra, comte d’Anjou, est en pèlerinage à Jérusalem, Eudes 1er, comte de Blois, fils et successeur de Thibault le Tricheur, en profite pour lancer l’offensive sur les positions fortifiées du comte d’Anjou. Humbault prit part à la bataille de Pont-Levoy en 1016, où 3.000 à 6.000 hommes périrent. Cette bataille fut gagnée par le comte d’Anjou.

Première fin du château

Bien plus tard, dans la succession d’Humbault, on retrouve Selles dans le conflit entre Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. À cette époque, Selles était défendue par une garnison anglaise. Philippe Auguste s’empara de Selles en 1194. C’est au cours de cet événement, que le château de Selles fut détruit.

Une interrogation sur le château de Thibault le Tricheur

Les forteresses construites par Thibault le Tricheur comportent un imposant donjon rectangulaire, défense ultime permettant au seigneur de s’y retrancher. Il en subsiste encore, comme celui de Montrichard, sur le cher en aval de Selles. Un autre exemple significatif est le château Saint-Jean Nogent le Rotrou. Le châtelet de ce dernier ressemble étrangement au châtelet ouest de Selles qui fut modifié par Philippe de Béthune, les parties hautes des défenses médiévales ont été remplacée par des toitures Renaissance. Nous ne saurons probablement jamais si le château de Selles comportait un tel donjon, du fait de sa destruction par Philippe Auguste, et des modifications successives réalisés par les seigneurs qui ‘ont occupé à travers les âges.

Le château de Thibault le Tricheur

Châtelet ouest de Selles-sur-Cher

Un château de Thibault le Tricheur

Châtelet du château Saint-Jean Nogent le Rotrou

Jumelage avec Taï Er Zhuang

Ce mercredi 29 novembre 2017, a été signée la convention de jumelage entre le Château de Selles sur Cher et la Cité ancienne de Taï Er Zhuang, située dans la province du Shandong, en Chine. Elle est là-bas un véritable symbole tant qu’historique que culturel. Le but est de renforcer le flux de visiteurs dans les deux sites touristiques, développer les expériences et les événements. En avant première, sachez qu’une manifestation sera organisée pour fêter le Nouvel an Chinois en 2018, à Selles sur Cher.

Cet article est repris depuis la page Facebook du château. Les images de cette page sont reprises à partir de cartes postales distribuées par nos amis de Chine.

Lien de la vidéo de l’article.

Cette cérémonie s’est déroulée au château sous la présidence de M. Nicolas Mazzesi, propriétaire, en présence de M. le Maire de Selles-sur-Cher, de la délégation chinoise, des Compagnons de Philippe de Béthune, et des invités. Ce fût l’occasion d’échanges de cadeaux entre les deux délégations.

La signature de la convention

La signature de la convention

M. N. Mazzesi remet symboliquement les clés du château au représentant de la cité Tai Er Zhuang

M. N. Mazzesi remet symboliquement les clés du château au représentant de la cité Tai Er Zhuang

Les représentants de Tai Er Zhuang remettent symboliquement le plan de la cité à M. N. Mazzesi.

Le verre de l'amitié

Le verre de l’amitié

Les délégations

Les délégations

La carte.

 

Un tableau du Caravage

Un nouveau tableau du Caravage

Nouvelle découverte d’un tableau du Caravage, par Marc Labarbe, commissaire-priseur à Toulouse et Eric Turquin, expert.

Philippe de Béthune a fait découvrir à la France le peintre ‎Caravage.

Installé à Selles-Sur-Cher en 1604 Il est à l’origine de la partie renaissance du château, notamment les deux Pavillons Carrés qui subsistent.

Lors de ses ambassades de 1601 à 1605, il devient familier du pape Clément VIII. Il admire l’école naturaliste romaine, et sort de prison son peintre-phare, le maître lombard Michelangelo Caravaggio, Le Caravage, en 1603. Il ramène avec lui 4 tableaux du grand maître Italien découverts et sauvés des geôles de Rome.

D’abord exposés dans son hôtel particulier de Paris, il les dépose ensuite dans la galerie de ses collections dans son château à Selles.

A la vente du château, les tableaux furent donnés à une abbaye de Touraine, puis rapatriés à ‪#‎Loches pendant la révolution.

Redécouverts en 2006 dans une église de la ville, la polémique demeure autour de l’authenticité de ces tableaux mais seuls deux d’entre eux y sont ! Mystère autour des deux autres.

Parmi les 4 tableaux ramenés par Philippe de Béthune, deux sont connus : Souper à Emmaüs, et L’incrédulité de Saint-Thomas. Le tableau récemment découvert est La décapitation d’Holopherne. S’agit-il de l’un des tableaux de Béthune ? Le mystère demeure.

Nous en connaissions déjà une version « découverte dans un grenier », attribuée au peintre :

Caravaggio_Judith_Beheading_Holofernes

Mais celle récemment retrouvée est différente :

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Deux œuvres, une seule scène, un seul peintre ?

La vidéo de Marc Labarbe sur cette découverte :

Un épisode de l’Ancien testament

Holopherne est un personnage du livre de Judith. Ce sujet fait partie des livres deutérocanoniques de l’Ancien Testament. Holopherne est un général envoyé en campagne par Nabuchodonosor.

Nabuchodonosor II, roi de l’empire néobabylonien entre 605 et 562 av. J.-C. a envoyé Holopherne châtier les peuples de l’ouest, parce qu’ils ont refusé de le soutenir dans la guerre qu’il a menée contre le roi perse Arphaxad (cf. Judith I, 1). Après avoir pillé, tué et ravagé dans tout le Proche-Orient, Holopherne assiège Béthulie, une ville juive qui barre un passage dans les montagnes de Judée. Comme l’eau vient à manquer, les habitants sont sur le point de se rendre, mais une jeune veuve, Judith, d’une extraordinaire beauté et d’une richesse considérable, prend la décision de sauver la ville. Avec sa servante et des cruches de vin, elle pénètre dans le camp d’Holopherne. Ce dernier est tout de suite ensorcelé par la beauté et l’intelligence de cette femme. Il organise en son honneur un grand banquet à la fin duquel ses domestiques se retirent discrètement pour ne pas troubler la nuit d’amour qui, pensent-ils, attend leur maître. Mais elle continue à l’enivrer et, quand il est hors d’état de se défendre, elle le décapite avec l’aide de sa servante et revient à Béthulie avec la tête.

⇒ Pour aller plus loin :

  • La polémique, page 2.
  • L’œuvre de Caravage, page 3.

L’Histoire à travers le temps

Les Grandes Heures de l’histoire du château

Depuis les temps historiques les plus anciens, Selles-sur-Cher et son château ont vécu des heures historiques de notre contrée, se confondant parfois avec la Grande Histoire.

Les origines

Le site de Selles-sur-Cher est situé sur un emplacement déjà connu des Romains, un plateau en éperon limité par les vallées de deux rivières : la Sauldre, affluent du Cher qui recueille les eaux de la Sologne avec ses crues principalement hivernales, le Cher, affluent de la Loire. Le confluent situé non loin en aval provoque régulièrement des inondations.
L’éperon situé sur la rive gauche du cher permet de défendre un gué du cher sur la voie de communication venant du bourbonnais pour rejoindre la voie romaine située sur la rive droite du cher, de Gièvres (Gabris) à Thésée-la-Romaine (Tasciaca).
Maurice Romieu, historien du XIXe siècle, indique la présence des Romains dans ce méandre du cher, en amont de son confluent avec la Sauldre. Le camp militaire serait situé de l’autre côté du cher, vers la commune actuelle de Billy. Après la chute de l’Empire romain, une motte médiévale a très certainement subsistée. Bien plus tard, vers le moyen âge le cher servira de voie de communication pour le sel venu de Guérande par la Loire, puis le fer du Berry en retour. Cet éperon sera fortifié.

Les grandes étapes du château

Milieu du Xe siècle, un premier donjon est construit par Thibault « le tricheur », comte de Blois. Vers 1140, Ginon de Mehun construit le château médiéval en complément du donjon. Au début du XIIIe siècle, Robert de Courtenay-Champignelles, bouteiller du roi Louis VIII, conforte le site en 1205. De 1426-1489, La Trémoille est le seigneur des lieux, le château participe à la chevauchée de Jeanne d’Arc qui séjourne à Selles. En 1604 Philippe de Béthune achète le site pour y construire la partie Renaissance. Anne-Marie-Louise de Béthune, belle-fille dans la descendance directe de Philippe de Béthune, vendra le château en 1719 à Pierre Cardin le Bret. Le dernier propriétaire de l’Ancien Régime fut le marquis de Batillât qui y fit des transformations en 1810. Le château fut ensuite partiellement détruit en 1813 par « la bande noire ».

Suite page 2.

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