Projet 1917-2017

Sergent York

Américains WW1 célèbres

Après une série d’articles sur les musiques et drapeaux américains, nous vous proposons une nouvelle série sur quelques Américains WW1 célèbres qui furent engagés dans le conflit, Sergent York.

Il y eut environ 2 millions de soldats engagés en France provenant des États-Unis. Parmi ceux devenus célèbres par la suite, après recherches aucun d’eux n’est passé dans notre Val de Cher. La question que je me suis posée, dans quel ordre les mettre, célébrité, popularité, les plus marquants ? J’ai donc décidé de commencer par un « illustre inconnu » dont un film fut tourné sur lui à Hollywood en 1941 qui a remporté un Oscar sous le titre de «Sergent YORK» grâce à l’édition de son journal intime. Il figure parmi les soldas Américains les plus décorés de la Grande Guerre.

Sergent York

Alvin Cullum York (1887-1964), natif de Pall Mall dans le Tennessee. Il est le troisième des onze enfants d’une famille très modeste, de descendance anglaise, écossaise et irlandaise. Cette famille vit des produits de leur ferme, mais le père est aussi forgeron pour améliorer l’ordinaire. Comme la plupart des enfants des campagnes, il ne fréquente l’école que neuf mois par an.

Son père décède tôt en 1911. Alvin aide sa mère à élever ses plus jeunes frères et sœurs. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il travaille d’abord sur les chantiers du chemin de fer, puis comme tracteur forestier. De l’avis général, il est un travailleur très doué et tout dévoué au bien-être de sa famille. Il aime aussi l’alcool et est enclin à se battre dans les saloons, il est arrêté plusieurs fois. Sa mère, membre d’une communauté religieuse protestante prônant le pacifisme, tente de persuader son fils de changer de comportement.

Malgré ces mauvaises habitudes, Alvin York va régulièrement à l’église et dirige souvent la chorale. À la fin de l’année 1914, une réunion pour le renouveau de la foi l’amène à se convertir. La communauté religieuse protestante à laquelle il appartient, Churches of Christ in Christian Union, rejetait la politique laïque ainsi que les disputes entre les églises chrétiennes de diverses orientations. Ne prônant pas particulièrement le pacifisme, elle était cependant opposée à toute forme de violence, car elle avait été créée en réaction à l’Église épiscopalienne méthodiste du Sud (Methodist Episcopal Church, South), laquelle avait été pro esclavagiste et pro guerre pendant la guerre de Sécession.

Son expérience

Dans une conférence qu’il donnera bien plus tard, Alvin York dira ce qu’il a pensé quand a éclaté la Première Guerre mondiale : « L’inquiétude m’a transpercé. Je ne voulais pas y aller et tuer. Je croyais en ma Bible. » Cependant, le 5 juin 1917 il s’inscrit pour incorporer l’armée, tous les hommes de 21 à 31 ans étant mobilisés. Il a 29 ans et est décrit en 1919 comme « un géant aux cheveux roux, et au teint rose que donne le plein air […] haut de plus de 1.82 mètre… faisant basculer la balance à plus de 90 kilos ». Au moment de l’inscription, à la question du formulaire: « Demandez-vous à être exempté de la conscription (précisez le motif)? », il écrit: « Oui. Je ne veux pas me battre. » Sa demande d’objecteur de conscience  ayant été rejetée, il fait appel. Lors de ce conflit, les objecteurs de conscience n’étaient pas exemptés du devoir militaire. Ils pouvaient tout de même être enrôlés, mais il leur était donné des missions qui n’allaient pas à l’encontre de leurs principes pacifistes. Ainsi, en novembre 1917, pendant que sa demande est soumise à étude, Alvin York est enrôlé dans l’armée et commence son service au Camp Gordon, en Géorgie.

Depuis le jour de son enrôlement jusqu’à son retour de la guerre le 29 mai 1919, il tiendra un journal intime de ses activités. Il y écrit qu’il a refusé de signer des documents fournis par son pasteur qui demandaient sa démobilisation pour raison religieuse. Il a également refusé de signer des documents similaires donnés par sa mère, qui demandaient une dispense pour cause de soutien de famille. Il nie même n’avoir jamais été un objecteur de conscience.

Ses faits d’arme

Alvin York incorpore le 328e régiment d’infanterie, 82e division au Camp Gordon. Il est profondément troublé par le conflit intérieur entre son pacifisme religieux et son entraînement militaire. Il s’entretient longuement avec le commandant de sa brigade et celui de son bataillon. Ces derniers lui citent des passages de la bible sur la violence et le persuadent de réexaminer la moralité de sa participation à la guerre. Ils lui accordent une permission de dix jours dans son foyer. Alvin York rentre de permission avec la certitude que l’intention de Dieu à son égard est qu’il se batte à la guerre, et que Dieu veillera sur lui. Alvin York se dévoue à sa nouvelle mission, tout autant qu’il s’était dévoué au pacifisme

Américains WW1 célèbres : Sergent York Alvin Cullum York l'USS Ohioan

Le 8 octobre 1918, en France dans la forêt d’Argonne, à proximité de la commune de Chatel-Chéhéry, une patrouille de 17 hommes incluant le récemment promu Caporal York, doit s’infiltrer derrière les lignes allemandes pour réduire au silence des positions de mitrailleuses allemandes. En chemin, la patrouille tombe sur le poste de commandement d’une unité allemande. Elle fait prisonnier un large groupe de soldats qui préparait une contre-attaque vers les troupes américaines. Mais soudain, des mitrailleuses tirent, tuant six Américains et en blessant trois autres. Le feu vient des mitrailleuses allemandes se trouvant sur la crête. Pendant que les prisonniers allemands et les soldats américains restent à couvert, York avance en se cachant, mais bientôt, les mitrailleuses le prennent pour cible et il doit riposter. Il tue 28 ennemis à l’aide de son fusil et de son pistolet. Il capture à lui seul le bataillon de mitrailleurs allemands qui finit par se rendre. À la fin de l’engagement, le groupe capturé par York compte 132 prisonniers, dont 4 officiers et 128 soldats qui sont ramenés vers les troupes américaines. Alvin York dira au commandant de sa brigade, le Général Julian Robert Lindsey, en 1919 : « Une puissance supérieure à moi me guidait, me gardait et me disait quoi faire ». Ce fait d’armes exceptionnel lui vaut d’être promu sergent, et de se voir décerner la Distinguished Service Cross qui sera remplacée par la médaille d’honneur plus tard, ainsi que la croix de guerre française 1914-1918.

Au cours du conflit, il lui sera décerné un total de cinquante décorations.

Américains WW1 célèbres : Sergent York La stèle commémorative devant la mairie de Châtel-Chehery dans les Ardennes

Retour à la vie civile

Démobilisé, Alvin York rentre chez lui et se marie le 7 juin 1919. Le couple aura huit enfants. York refuse de nombreuses offres commerciales qui veulent tirer profit de sa renommée : prestations, produits dérivés, journaux, livres et films sur sa vie. Il reçoit même des offres dans le milieu politique. York choisit de prêter son nom uniquement à des œuvres caritatives et civiques. Dans les années 1920, il fonde la Fondation Alvin C. York qui a pour mission d’accroître l’instruction dans sa région natale du Tennessee. Il s’investit dans la collecte de fonds, laquelle s’avérera difficile, la crise économique de la  grande dépression s’accentuant, et l’état fédéral ne fournissant pas les fonds promis. Alvin York hypothèque sa ferme pour financer le transport en bus des élèves de sa Fondation. En 1935, pressentant que son temps à la Fondation est fini, il travaille en tant que chef sur le projet de création d’un grand parc, qui sera appelé Cumberland Mountain State Park, et dont il sera le directeur jusqu’en 1940.

Quand éclate la Deuxième Guerre mondiale, Alvin York, alors âgé de 54 ans, demande à servir dans l’armée. Comme il est en surpoids, atteint d’arthrose et d’un début de diabète, le combat au front lui est refusé. On le nomme colonel dans The Army Signal Corps : il visite à ses frais les camps d’entraînement et s’occupe de collecter des emprunts pour soutenir l’effort de guerre, ainsi que des fonds pour des œuvres caritatives en rapport avec la guerre, parmi lesquelles la Croix-Rouge.

Dans les années 1920, Alvin York, pressé par les journalistes d’écrire une biographie sur sa vie, avait contacté un éditeur pour lui parler du journal intime qu’il avait tenu durant la guerre. L’Australien Tom Skeyhill, un ancien combattant, sympathise avec York et écrit pour le compte de celui-ci, une « autobiographie » narrée à la première personne : Sergeant York : His Own Life Story and War Diary.

Alvin York refusera plusieurs fois de donner son autorisation d’adapter sa vie au cinéma. Il cède finalement à la pression pour pouvoir financer la création d’une école biblique interconfessionnelle. Il exige cependant que son propre rôle soit joué par l’acteur Gary Cooper. Le film sort en 1941 : Sergent York est un grand succès commercial et est applaudi par les critiques. Il sera nommé onze fois aux Oscars, et Gary Cooper recevra l’Oscar du meilleur acteur.

La ferme du Tennessee où a vécu Alvin York est ouverte au public

Bande annonce du film.

 

Distinctions

Première Guerre Mondiale

Géopolitique

Distribution des cartes en 1914

L’Empire Allemand en 1914

L’empire allemand au pouvoir en 1914 est l’aboutissement de la formation d’un régime impérial dominé par la Prusse. Le roi de Prusse Guillaume Ier est proclamé kaiser à Versailles le 18 janvier 1871 après la victoire de l’Allemagne contre la France de Napoléon III à l’issue de la Guerre franco-allemande de 1870. Le développement des politiques intérieures et extérieures se fait sous l’impulsion du chancelier impérial Otto von Bismarck jusqu’en 1890. Bismarck met en place un système complexe d’alliances avec les États voisins, afin de maintenir l’Empire allemand en position de force face à la France. En 1890, Bismarck est contraint à la démission. Le nouveau kaiser Guillaume II mène un règne plus personnel. Le gouvernement mène une politique d’expansion coloniale et d’armement de la flotte très populaire, pour compenser des politiques générales antisociales démocrates. L’Allemagne renforce sa domination maritime et devient une puissance rivale des autres puissances coloniales dans le partage du monde, notamment avec le Royaume-Uni. Le jeu d’alliances dessert la stabilité de l’Europe en 1914, l’empire regroupant 28 états, principautés et villes fédérés.

L'Empire Allemand 1871-1918

Le Royaume Uni

Pour le Royaume-Uni, la fin du XIXe siècle le place en première puissance navale et coloniale de l’époque. Il tient à confirmer la supériorité de sa Royal Navy. En 1888, la peur d’une guerre avec la France et l’accroissement de la flotte russe font redémarrer la construction navale. En effet, la course à la construction des cuirassés est attisée par l’opposition entre le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les lois allemandes de 1890 et 1898 autorisent la construction d’une flotte de 38 cuirassés, ce qui menace l’équilibre naval. En 1883, le Royaume-Uni possédait 38 cuirassés, deux fois plus que la France et à peu près autant que le reste du monde réuni.

Rivalités mondiales

En 1914, de nombreuses rivalités économiques et sociales existaient entre les nations de l’Europe de l’Ouest et leurs colonies. S’y ajoutaient des nationalismes forts, et une montée de l’impérialisme. Des conflits précédents restaient non résolus, avec un système d’alliances militaires complexe, développé entre les différents pays européens au cours du XIXe siècle après la défaite napoléonienne de 1815. Par exemple, avec l’indépendance de la Belgique survenue en 1830, la France et l’Angleterre s’étaient portées garantes de sa neutralité. L’Empire allemand commet un malentendu diplomatique, en pensant que le Royaume-Uni resterait neutre en cas d’invasion allemande de la Belgique. Avec la course aux armements, l’attentat de Sarajevo fut l’étincelle qui mit le feu aux poudres.

Aux États-Unis

Un nouveau Président

Pendant ce temps aux États-Unis, Thomas Woodrow Wilson élu 28e président en 1912 prônait une vision idéaliste des relations entre les nations, dans le souvenir des souffrances subies dans son enfance lors de la guerre de Sécession. Le début de son premier mandat sera cependant marqué par une politique d’accroissement militaire pour faire face à un éventuel engagement forcé, tout en tentant de rester neutre face à la situation européenne. En effet, 15% de la population américaine est née dans l’un des pays européens belligérants, et une majorité y possède des attaches familiales. Woodrow Wilson se proposera même d’être intermédiaire entre les parties en 1916. L’Allemagne rejette la proposition le 26 décembre 1916.

Président Thomas Woodrow Wilson

L’entrée en guerre

Plusieurs événements allemands rappelleront les États-Unis à une triste réalité :

  • Les Américains ravitaillaient le Royaume-Uni par voie maritime, tandis que l’Allemagne menait une véritable guerre sous-marine, torpillant tous les convois traversant l’océan atlantique vers les îles anglaises.
  • Par ailleurs, le Royaume-Uni intercepte un télégramme allemand en direction du Mexique qui lui propose une alliance contre les États-Unis, afin de l’envahir par le sud, et lui suggère même une alliance avec l’empire du Japon. En contrepartie, l’Allemagne promettait une aide financière, et la restitution au Mexique de l’État du Texas, ainsi que ceux du Nouveau-Mexique et de l’Arizona, perdus lors de la guerre de 1846-1848.
  • Enfin, le torpillage du Lusitania par les sous-marins allemands le 7 mai 1915, comprenant environ 2.000 passagers, dont plus de 1.200 périrent avec près de 200 Américains dans la catastrophe, décida les États-Unis à entrer en guerre aux côtés de la France et du Royaume-Uni.

Malgré ses promesses électorales en direction de la paix, le Président Wilson propose au Congrès l’entrée en guerre des États-Unis, proposition adoptée le 6 avril 1917.

Le Lusitania

Le Lusitania torpillé

Pour en savoir plus :

  • L’Empire Allemand de 1871 à 1918
  • L’Empire colonial de la France en 1914
  • L’Empire anglais en 1914
  • La Triplice
  • La Triple-Entente

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The US Field Artillery March

The US Field Artillery March est une marche militaire patriotique de l’armée américaine écrite en 1917 par John Philip Sousa, basée sur une œuvre antérieure d’Edmund L. Gruber.

Le refrain est « Caissons Go Rolling Along », que l’on peut traduire par « les caissons vont bon train » (les caissons au sens des transports de munitions).

Le Lieutenant d’armée George Friedlander, de la 306th Field Artillery, a demandé à John Sousa de composer une marche pour son régiment. Friedlander a suggéré qu’elle soit construite autour d’une chanson déjà connue sous le nom de « The Caisson Song », alternativement The Field Artillery Song (la chanson de l’artillerie de campagne), ou The Caissons Go Rolling Along. Cette chanson était inédite, et Sousa a cru son compositeur mort. Sousa et le lieutenant Friedlander furent surpris d’apprendre plus tard que le compositeur de The Caisson Song était encore vivant et que la chanson avait été écrite en 1908 par le premier lieutenant d’artillerie Edmund L. Gruber, aidé sur les paroles par les lieutenants William Bryden, et Robert Danford, alors qu’ils étaient stationnés au fort Stotsenburg aux Philippines.

Selon certaines sources, Gruber n’aurait pas fait d’objection à l’utilisation par Sousa de la chanson, et Sousa aurait passé ses redevances à Gruber. D’autres sources rapportent que Gruber s’est impliqué dans une bataille juridique prolongée pour récupérer les droits sur la musique qu’il avait écrite, et qui avait été largement vendue par les éditeurs de partitions, les seuls à en avoir récolté les bénéfices. La position de Gruber aurait été rejetée par les tribunaux, jugeant qu’il avait attendu trop longtemps pour se plaindre, et que sa musique était à ce moment-là tombée dans le domaine public.

Couverture de la partition

Cet article termine cette série, pour faire place à l’actualité des animations au château de Selles-sur-Cher, et aux commémorations 1917-2017. Mais pour faire le lien nous vous présentons diverses pièces d’artillerie qui ont participé au conflit sur le front de l’est français.

Commençons avec l’image des premiers tirs américains sur le front lorrain avec un canon de 75 Modèle 1897 français, le 23 octobre 1917 près de Bathelémont-lès-Bauzemont (Meurthe-et-Moselle). La douille éjectée est encore en l’air qu’un nouvel obus est déjà introduit dans le canon. Ce canon pouvait tirer 6 à 20 obus par minute. Chaque obus à balles contenait 280 billes de plomb.

Cette image est une œuvre d’un soldat ou d’un employé de l’U.S. Army, réalisée dans le cadre de ses activités. En tant qu’œuvre du gouvernement fédéral des États-Unis d’Amérique, cette image fait partie du domaine public.

Canon de 75 Modèle 1897 français

Poursuivons avec des obusiers de 155 C modèle 1917 Schneider français qui équipent une unité d’artillerie américaine, en juillet 1918, près de Soissons, le premier jour de la grande offensive.

Obusiers de 155 C modèle 1917 Schneider français

Voici maintenant un canons de 155 mm GPF, construit dans l’Atelier de Construction de Bourges, servant dans l’artillerie américaine en 1918. Ces armes furent utilisées également durant la Seconde Guerre mondiale par les forces des États-Unis.

 

Canons de 155 mm GPF de l'Atelier de Bourges

Ceci est un canon d’infanterie de 37, modèle 1916 TRP français servi par des soldats américains, en position de tir sur le parapet d’une tranchée de deuxième ligne. Ce canon a une portée maximale de deux kilomètres et demi, il est plus précis qu’un fusil et est capable de tirer 28 coups par minute.

 Canon d'infanterie de 37 modèle 1916 TRP français

Ici, ce sont des soldats Américains qui tirent avec une mitrailleuse antiaérienne Hotchkiss Mle 1914 d’origine française, sur un avion d’observation allemand au plateau du Chemin des Dames en mars 1918.

 Mitrailleuse antiaérienne Hotchkiss Mle 1914 d’origine française

Pour terminer, voivi un canon lourd de 14 pouces (= 35,56 cm), monté sur voie ferrée à Thierville, en septembre 1918. Il s’agit à l’origine d’un canon de marine, monté sur rail pour servir à terre. L’ensemble formait un convoi composé du canon comportant à l’arrière un tunnel spécial destiné au chargement des obus, de wagons transportant les munitions, le tout tiré par la célèbre locomotive 140. Cinq de ces engins servis par des canonniers de la marine américaine ont été utilisés durant les 3 derniers mois de la guerre. Plus d’informations se trouvent sur ce lien des archives navales aéricaines (en anglais).

Canon lourd de 14 pouces

Le covoi et sa locomotive

Vue intérieure du wagon de chargement

Le canon était monté sur des boggies comportant six essieux.

Premier test de montage du canon

 

Semper Fidelis

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Semper Fidelis

Aujourd’hui, nous vous proposons deux musiques de l’USMC, United States Marines Corps : Semper Fidelis, et The Marine Corps Hymn, le chant des Marines.

Semper Fidelis est une devise latine qui signifie « Toujours fidèle ». Cette devise est connue pour être celle du corps des Marines des États-Unis.

Le Corps des Marines des États-Unis a adopté la devise en 1883, sur l’initiative du colonel Charles McCawley (1827 – 1891), commandant du 8e Corps des Marines. Semper Fidelis signifie le dévouement et la loyauté que les Marines sont censés disposer de « Corps et Pays », même après la cessation de service. Les Marines tendent souvent à abréger la devise en « Semper Fi ».

John Philip Sousa a composé en 1888 une marche militaire, en hymne aux Marines, dont le titre est Semper Fidelis.

 

Semper Fidelis, John Philip Sousa, 1888

La devise de l'USMC sous son logo, le pygargue reposant sur le monde avec une ancre marine en arrière plan

Devise de l’USMC

The Marine Corps Hymn

The Marine Corps Hymn, (The Halls of Montezuma) est le Chant des « Marines », l’hymne officiel de l’US Marine Corps (infanterie de marine des États-Unis).

Les paroles ont été écrites en 1879. Elles font référence à la guerre mexico-américaine, où les Marines occupèrent Mexico et le château de Chapultepec, ainsi qu’à une bataille à Tripoli lors de la Guerre de Tripoli (1801-1805). L’air a été emprunté aux « Couplets des Hommes d’Armes » écrits en 1867 pour la seconde version de l’opéra-bouffe « Geneviève de Brabant » d’Offenbach.

The Marine Corps Hymn Version symphonique pour fanfares

The Marine Corps HymnVersion chantée

Drapeaux de l'USMC

Drapeaux de l’USMC

Sceau de l'USMC

Sceau de l’USMC

National Emblem

Dans un article précédent, nous avons vu quelques drapeaux représentatifs des États du Sud. Aujourd’hui, nous vous présentons National Emblem, une marche plus moderne, contemporaine, composée pour saluer le drapeau des États-Unis.

National Emblem est une marche américaine composée en 1902, et publiée en 1906 par Edwin Eugene Bagley. C’est un standard du répertoire de la marche américaine, utilisé comme musique cérémoniale pour la garde des couleurs lors de la présentation et de la retraite des couleurs. Cet air est devenu le plus célèbre de toutes les marches de Bagley.

Bagley intègre dans la marche les douze premières notes de The Star-Spangled Banner, l’hymne des États-Unis.

L’anecdote rapport que Bagley a composé ce morceau dans le train, lors d’une tournée avec sa bande orchestrale, en 1902. Resté frustré avec la fin, il a jeté sa composition. Les membres de l’orchestre l’ont récupérée, et l’ont secrètement répétée dans la voiture des bagages. Bagley a été surpris quand le groupe l’a informé quelques minutes avant le concert suivant qu’ils l’exécuteraient. Elle est devenue la plus célèbre de toutes les marches de Bagley. Malgré cela, la composition ne rendit pas Bagley riche : Il a vendu les droits d’auteurs pour seulement 25 $.

Le célèbre compositeur américain John Philip Sousa a été invité une fois à citer les trois marches les plus efficaces jamais écrites. Sans surprise, Sousa a énuméré deux de ses propres compositions, mais il a choisi National Emblem pour la troisième.

Lorsque Sousa a formé et dirigé les 350 membres de l’US Navy Jacket Band à la station navale des Grands Lacs, il a choisi cinq marches pour le Liberty Bond Drive en faveur du soutien financier à la Première Guerre mondiale. Quatre étaient Semper Fidelis, The Washington Post, The Thunder, Stars and Stripes Forever, et la cinquième celle de Bagley National Emblem. Cette marche était la composition préférée de Frederick Fennell qui a fait un arrangement en 1981. Fennell a désigné cette pièce comme étant « peut-être l’allure parfaite » pour une marche.

Version générique

Version de Roger G.Swift and The Regimental Band Of The Coldstream Guards

Pour aller plus loin :

Page 2, les sceaux des Etats-Unis

Page 3, les Lady Liberty

The Battle Hymn of the Republic

L’Hymne de Bataille de la République

The Battle Hymn of the Republic (L’Hymne de Bataille de la République) est un chant patriotique et ecclésiastique américain écrit par Julia Ward Howe en novembre 1861, et publié pour la première fois en février 1862 pendant la guerre de Sécession. Il était surtout chanté dans le Nord parce qu’il demandait la libération des esclaves du Sud. Il fut d’abord publié dans la revue Atlantic Monthly. Parfois, il est dit que cette chanson prône des valeurs contraires à Dixie, la chanson du Sud.

Cet hymne fut d’abord composé en tant que variante à la marche John Brown’s Body. Il a beaucoup été joué lors de funérailles, notamment celles de Winston Churchill et de Ronald Reagan par exemple, car il évoque des sentiments patriotiques et religieux à la mémoire d’un individu.

L’air du Battle Hymn of the Republic est repris dans Blood on the Risers, chant des parachutistes américains datant de la Seconde Guerre mondiale, et toujours chanté aujourd’hui à l’entraînement de certaines unités.

Cet ait célèbre fut repris de nombreuses fois à travers le monde, équipes de football anglais (Tottenham, Manchester United), The Spirit of ‘43’’ de Walt disney, etc. Il fait partie du répertoire traditionnel des orchestres de style New Orleans.

Voici une version courte, suivie d’une version plus longue donnée par The United States Army Field Band :

Ces deux versions sont suivies d’une interprétation par The Mormon Tabernacle Choir and Orchestra at Temple Square, composé par William Steffe, avec l’orchestre lyrique par Julia Ward Howe et arrangé par Peter J. Wilhousky.

L’image en une est une photographie du Président Lincoln, entre Allan Pikerson, chef du service du renseignement, et le major général Lew Wallace, prise après la bataille d’Antientam le 17 septembre 1862 (image herodote.net).

Nous avons vu dans l’article précédent que nombre de combattants nordistes impliqués dans cette bataille étaient d’origine irlandaise. En cette veille du 17 mars consacré à la saint Patrick, symbolique pour les Irlandais, pour aller plus loin visitez la page 2 :

Pour aller encore plus loin : Le Chœur du Tabernacle mormon page 3 :

When Johnny Comes Marching Home

Cet article est consacré à la transition entre le Sud et le Nord : présentons maintenant When Johnny Comes Marching Home.

Il s’agit d’une autre chanson populaire américaine datant de la Guerre de Sécession. Elle exprime le désir des populations de voir s’achever la guerre, afin de retrouver leurs familles et leurs amis. Elle fut écrite par Patrick Gilmore en 1863. D’origine irlandaise, il vécut aux États-Unis après 1848. Il écrivit ces paroles lors de la Guerre de Sécession, alors qu’il servait dans l’armée de l’Union. La chanson est probablement dédiée à sa sœur Annie Gilmore qui priait pour voir revenir sain et sauf de la guerre son fiancé John O’Rourke, capitaine d’artillerie légère de l’Union.

Cette chanson était chantée aussi bien par les civils attendant le retour de leurs proches partis combattre, que par les soldats des deux camps. Bien que nettement plus héroïques que le chant d’origine, Johnny I Hardly Knew Ya, les paroles ne sont pas bellicistes, mais elles mettent l’accent sur la joie du retour au foyer.

De nombreuses variations de la chanson sont apparues ensuite, tant dans les paroles que dans la mélodie. La chanson, ou simplement la mélodie ont souvent été utilisées au cinéma. On les retrouve par exemple dans la bande-son de « Autant en emporte le vent » (1939), « Le Dictateur » de Charlie Chaplin (1940), ou encore Docteur Folamour (1964), et d’autres.

When Johnny Comes Marching Home – A Song of The American Civil War – Mitch Miller and chorus

Les Irlandais dans la guerre civile américaine

Les Irlandais dans la Guerre Civile Américaine

Pour aller plus loin : page 2

Bonnie Blue Flag

alt= "Bonnie Blue Flag"

Ce quatrième article vous invite à découvrir Bonnie Blue Flag. Impossible de parler des origines des États-Unis sans aborder les états du sud.

Le Bonnie Blue Flag était le drapeau de l’éphémère République de Floride-Occidentale. Il était composé d’une seule étoile blanche sur fond bleu.

En septembre 1810, les colons du territoire espagnol de Floride occidentale se révoltent contre le gouvernement espagnol et proclament une république indépendante. Le Bonnie Blue Flag est hissé au fort espagnol de Bâton-Rouge le 23 septembre 1810.

En décembre 1810, la Floride occidentale est annexée par les États-Unis, et la république cesse d’exister, après 74 jours. Le territoire de la Floride-Occidentale est partagé en quatre états : Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride.

En 1836, le Bonnie Blue Flag sert d’inspiration pour le premier drapeau de la République du Texas.

Quand le Mississippi fit sécession de L’Union le 9 janvier 1861, comme signe d’indépendance le Bonnie Blue Flag est hissé sur le Capitole à Jackson. Un immigrant d’Irlande du Nord, Harry McCarthy qui était présent, écrivit plus tard la chanson The Bonnie Blue Flag (« bonnie » vient d’un mot écossais signifiant beau). Elle est devenue une chanson de marche populaire, et le drapeau a été employé comme drapeau officieux des États confédérés d’Amérique pendant la guerre civile.

Drapeau du Mississipi

Le 26 janvier 1861, le Mississippi a officiellement adopté un nouveau drapeau, incluant le Bonnie Blue Flag dans son canton et un magnolia au milieu. Ce drapeau est resté en service jusqu’en 1894.

Le Bonnie Blue Flag a une signification spéciale pour la brigade du Texas. La chanson a été présentée en première par son auteur pendant un concert à Jackson, Mississippi, au printemps 1861.

Le Bonnie Blue Flag est encore employé pour représenter le Sud des États-Unis, et pour certains c’est une manière de représenter la faveur pour la doctrine des Droits des États. Puisque le drapeau de la guerre civile n’est pas associé à l’esclavage, on le considère comme une alternative moins-blessante aux Drapeaux des États confédérés d’Amérique.

Un drapeau presque identique, mais pourtant indépendant, dépeignant une étoile simple sur un champ bleu, est normalement montré pendant certaines cérémonies militaires des États-Unis. Il indique la présence d’un amiral arrière de l’US Navy ou d’un brigadier général de l’US Air Force.

Les dirigeants généraux de l’US Marines Corps ou d’armée montrent un drapeau semblable avec un fond rouge et un nombre approprié d’étoiles blanches correspondant à leur rang. Ces drapeaux sont généralement montrés séparément du drapeau des États-Unis, à l’aide de l’attachement à un personnel secondaire de drapeau.

Pour aller plus loin, page 2 :

Nord et Sud

Avec Nord et Sud, voici deux témoignages des débuts de l’Amérique : The Battle Hymn of the Republic et Dixie’s Land.

Commençons par le Sud : Dixie’s Land

Dixie, aussi connue sous les appellations I Wish I Was in Dixie, ou Dixie’s Land. C’est une chanson populaire composée par un chanteur de l’Ohio, Daniel Decatur Emmett, sous le nom de Dixie’s Land. Le mot Dixie est le surnom donné au sud des États-Unis.

Cet air devient très populaire, et est rapidement identifié à l’image nostalgique et à l’idéologie des États du Sud. Il fut l’hymne officieux des soldats confédérés (sudistes), le contrepoint de The Battle Hymn of the Republic des soldats du Nord lors de la Guerre de Sécession, que nous verrons plus loin.

Dixie’s Land par The 2nd South Carolina String Band – Album, Southern Soldier

Nord et Sud : Équipement d’époque sur bannière sudiste

Équipement d’époque sur bannière sudiste

Poursuivons avec le Nord : The Battle Hymn of the Republic

L’Hymne de Bataille de la République est un chant patriotique et ecclésiastique américain écrit par Julia Ward Howe en novembre 1861. Il fut publié pour la première fois en février 1862, pendant la guerre de Sécession. Il était surtout chanté dans le Nord parce qu’il demandait la libération des esclaves du Sud. Il fut d’abord publié dans la revue Atlantic Monthly. Parfois, il est dit que cette chanson prône des valeurs contraires à Dixie.

L’air The Battle Hymn of the Republic est repris dans Blood on the Risers, chant des parachutistes américains datant de la Seconde Guerre mondiale et toujours chanté aujourd’hui à l’entraînement de certaines unités.

The Battle Hymn of the Republic par The United States Army Field Band

Autre version par The Mormon Tabernacle Choir and Orchestra at Temple Square – Spirit of America

Nord et Sud : Couverture de la partition musicale de 1862

Couverture de la partition musicale de 1862

Pour aller plus loin : page 2, paroles de Dixie, page 3, paroles de l’Hymne de la République.

Hail to the Chief

Hail to the Chief – Présentation

Voici donc notre deuxième article, consacré à « Hail to the Chief ».

Il s’agit d’une marche musicale que l’on associe principalement aux présidents des États-Unis. Elle est interprétée pour accompagner l’apparition du Président américain lors d’une manifestation publique. La musique est toujours précédée par quatre « ruffles and flourishes », que l’on peut traduire par « hommage d’usage », lorsqu’elle est jouée pour le Président. La première partie de cette musique peut être comparée avec notre sonnerie « Aux Champs ».

Le titre prend ses sources dans le poème « The Lady of the Lake » (« La Dame du Lac ») de Walter Scott qui comporte la phrase « Hail to the Chief in triumph advances ! » (Saluons le Chef qui avance dans le Triomphe). Le poème fut porté en musique vers 1821 par le compositeur anglais Sanderson (~1769 – ~1841).

Le 4 juillet 1828, un orchestre militaire, l’United States Marine Band, interpréta la chanson lors d’une cérémonie d’inauguration du Chesapeake and Ohio Canal par le président John Quincy Adams, sixième président des États-Unis. Ce n’est que le 4 mars 1845 que la chanson fut interprétée au moment de l’arrivée au pouvoir du onzième président, James K. Polk. C’était Julia Tyler, la femme du précédent Président John Tyler, qui suggéra cette idée.

 

ruffles and flourishes suivit de Hail to the Chief.

Notre sonnerie « Aux Champs »

Un peu d’Histoire

La musique aux États-Unis commence avec l’arrivée des colons européens à partir de 1620, date à laquelle le Mayflower accoste avec à son bord les Pères pèlerins (les Pilgrim fathers). Ils étaient  exilés d’Angleterre. C’était des colons anglais, français, allemands et espagnols.

Dans les années 1730, les prémices d’une vie musicale voient le jour, enseignants et facteurs d’instruments se forment sur les connaissances européennes. Les premiers orgues arrivent d’Allemagne à destination d’églises de Virginie et de Pennsylvanie. Les compagnies d’opéra itinérantes montent des spectacles, et organisent des concerts autour des compositeurs de la vieille Europe.

Dans les années 1870, les grandes universités américaines ouvrent les chaires consacrées à la composition. Harvard et Yale en tête, offrent un soutien à la création musicale.

La recherche d’une identité propre par les compositeurs américains devait naturellement passer par l’intérêt pour la musique autochtone. Antonin Dvorak, installé aux États-Unis de 1892 à 1895, directeur du conservatoire de New York, attire l’attention de ses disciples sur la richesse des traditions des populations noires du Sud. « Peu importe si l’inspiration vient des mélodies des Noirs ou des chants créoles ou indiens, ou des plaintes des Allemands ou Norvégiens nostalgiques, les germes de la musique américaine sont ensevelis sous les strates de toutes les communautés qui ont construit ce pays ».

Nombre de musiques patriotiques américaines prennent leurs sources dans les vicissitudes de l’Histoire de cette partie du continent dans ses différents conflits, reprises souvent par des orchestres militaires.

Emblèmes

Voici les deux emblèmes couramment employés autour de l’apparition du Président des États-Unis :

Le grand sceau des États-Unis est utilisé pour prouver l’authenticité de certains documents au sein du gouvernement américain, utilisé publiquement pour la première fois en 1782.

Il comporte un pygargue à tête blanche aux ailes déployées, tenant un rameau d’olivier dans une serre, et treize flèches dans l’autre, l’ensemble symbolisant la paix ainsi que la défense par la guerre.

Aux origines, l’oiseau était surmonté par treize étoiles rappelant les treize États originaux. La bannière rappelle la réunion des 13 États à l’origine des États-Unis. Actuellement, le sceau est entouré d’autant d’étoiles que d’États.

Le sceau du président des États-Unis est le blason officiel de la présidence des États-Unis. Il est fondé sur le Grand sceau des États-Unis d’Amérique. Le premier président américain à utiliser un sceau distinctif pour la présidence est le 19ème : Rutherford Birchard Hayes. Il autorisa sa création en 1880. Harry S. Truman, 33ème président, fit redessiner le sceau, ajoutant un cercle d’étoiles et réorientant la tête de l’aigle.

L’emblème d’origine est gravé sur le « Resolute desk », bureau du Président depuis 1880.

Ce meuble est un cadeau de la reine Victoria au président américain Rutherford B. Hayes en 1880. Il a été construit à partir du bois du navire britannique HMS Resolute.

 

 

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